Comprendre ses investissements : au-delà des performances affichées.
Investir est souvent présenté comme une évidence. Les marchés offrent des opportunités, les solutions sont nombreuses, les performances passées abondamment commentées.
En Suisse, beaucoup pensent que la succession est un sujet réglé d’avance.
La loi prévoit en effet un cadre précis, censé organiser la transmission du patrimoine de manière équitable.
Mais dès que la situation familiale sort des schémas classiques, ce cadre montre rapidement ses limites.
Comprendre ce que prévoit la succession en Suisse — et surtout ce qu’elle ne prévoit pas — est souvent la première étape pour éviter des décisions subies.
La succession en Suisse définit la manière dont le patrimoine est transmis au décès.
Elle repose sur des règles claires : héritiers légaux, parts réservataires, quotités disponibles. Ce cadre a une vertu : il sécurise.
Mais il est aussi standardisé. Il ne tient pas toujours compte des réalités familiales contemporaines : familles recomposées, partenaires non mariés, parcours de vie multiples, liens affectifs qui ne correspondent pas aux catégories juridiques classiques.
Lorsqu’il y a des enfants issus de différentes unions, la loi applique des règles mécaniques.
Ces règles peuvent conduire à des répartitions qui ne reflètent pas les intentions réelles du défunt, ni l’équilibre familial recherché.
En Suisse, un partenaire non marié n’est en principe pas reconnu comme héritier légal.
Même après de nombreuses années de vie commune, il peut se retrouver sans protection successorale s’aucune mesure n’a été prise.
Beaux-enfants élevés comme les siens, enfants recueillis, relations de cœur :
ces liens essentiels sur le plan humain n’existent pas toujours aux yeux du droit successoral suisse.
C’est en analysant ma propre situation que j’ai pleinement mesuré ces limites.
Divorcé deux fois, en couple avec une partenaire non mariée, père de deux enfants biologiques et père de cœur d’un enfant recueilli, j’ai rapidement compris que, juridiquement, seule une partie de ma réalité familiale était reconnue.
Sans réflexion approfondie, certaines personnes essentielles à ma vie auraient été totalement exclues de ma succession.
D’autres questions se posaient également : que deviendrait ce que je transmettrais à ma partenaire si elle décédait ensuite ? Comment éviter que ce patrimoine ne sorte de ma lignée familiale ?
Ces interrogations ne sont ni théoriques ni marginales. Elles concernent aujourd’hui de nombreuses familles en Suisse.
La bonne nouvelle est que le droit suisse offre de nombreuses possibilités d’aménagement.
Mais encore faut-il les connaître, les comprendre et les articuler avec cohérence.
Aborder la succession de manière sereine suppose notamment :
La succession en Suisse n’est pas uniquement une question de règles et de pourcentages.
C’est une réflexion profondément personnelle, qui touche à la famille, aux liens et à la continuité.
Prendre le temps de comprendre les règles successorales et leurs limites permet d’éviter des décisions subies — et de construire une transmission fidèle à ce qui compte vraiment.